L’Ecocité est façonnée par le patrimoine du territoire de l’Ouest : dotée d’une identité forte, intensément créole, elle puise son développement futur dans une histoire commune qui remonte au peuplement de l’île. Retour sur une histoire qui n’a pas fini de s’écrire sur un territoire pionnier …

Un héritage maritime et agricole caractéristique du grand paysage

Au 17e siècle, les premiers habitants de l’île s’installent en bordure nord-est de l’Étang Saint-Paul, d’abord pour servir d’escale à la Compagnie des Indes, puis pour cultiver le café : le premier quartier réunionnais, est donc le quartier Saint-Paul créé en 1674, sur les délimitations de l’actuel Territoire de la Côte Ouest (TCO).

Le quartier Saint-Paul s’affirme terre d’agriculture lorsque début 19es, la perte des îles sucrières amène La Réunion à se spécialiser dans la culture de la canne à sucre. Cette nouvelle organisation conduit à structurer les bourgs des mi-pentes du quartier Saint-Paul de manière quasi autarcique autour des usines, des champs de canne, de l’église et de la boutique.

C’est seulement après 1848, avec l’abolition de l’esclavage et l’accroissement de l’engagisme que les activités maritimes se multiplient sur le front de mer, permettant de réinvestir la côte et conduisant au développement du centre-ville de Saint-Paul. Les polarités des mi-pentes et des bas commencent à se dessiner et les infrastructures à organiser le territoire avec l’arrivée des premières canalisations, de la première route de l’ouest …

Une identité industrialo-portuaire rayonnante

Fin 19e, le développement des échanges commerciaux, notamment liés à la culture de la canne à sucre, conduisent à la construction concomitante de deux équipements caractéristiques du patrimoine de l’Ouest pour drainer les marchandises intérieures : le chemin de fer et le port de la pointe des Galets. Dès le début, la vocation rayonnante et innovante de ces infrastructures s’est imposée générant l’arrivée d’une foule d’ouvriers de toutes les Mascareignes, aménageant l’île de tunnels et de ponts en pierre ou métalliques.

Ces deux chantiers titanesques aboutissent à une liaison côtière de 126 km entre Saint-Benoit et Saint-Pierre en 1882, et au creusement du port finalisé en 1886.

Si le Grand Port Maritime participe aujourd’hui pleinement à la vie de l’île, s’imposant comme la porte d’entrée de la plupart des biens et denrées sur le territoire, les traces du chemin de fer qui sillonnent l’Ouest et se devinent encore, rappellent le génie et l’ambition de ces hommes qui ont aménagé ce territoire.

Les prémices de la filière bioclimatique

Avec son jardin à l’avant et à l’arrière pour se préserver de la chaleur, ses murs réalisés à partir d’un clayonnage de branches et de vétiver pour se préserver du vent ou encore sa varangue pour se protéger des rayonnements du soleil: la case créole traditionnelle est bioclimatique ! Cases des hauts, maisons de planteur ou paillottes, l’habitat traditionnel réunionnais a évolué au fil des ans et de l’arrivée de nouveaux matériaux mais a durablement marqué l’identité du bâti créole. 

Face au changement climatique, ce savoir-faire ancestral intégrant la valorisation des matériaux locaux, la ventilation naturelle, les protections solaires et la présence importante du végétal, est plus que jamais d’actualité.

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